Un vélo rapide, léger, avec une transmission et pour un budget de 250€ s’il te plait !

Voilà mon cahier des charges, donné par un ami entrepreneur et citadin. Je me suis donc tout naturellement orienté vers un vélo vintage de type route. En effet, ces vélos sont légers, fiables et facilement transformable !

Je vais donner ici le plus de détails possible, à la fois sur la recherche du vélo à transformer mais aussi sur les parties techniques et les questions de budget. J’espère que cela vous plaira et que ce contenu est intéressant. N’hésitez pas à réagir en commentaire pour ajouter ou demander des précisions, cela sera utile aux autres lecteurs !

Étape 3 : démontage (sans WD40 mais avec huile de coude et astuces d’anciens)

Il s’agit de l’étape à réaliser avant d’installer les nouvelles pièces. En effet, une fois le cadre mis à nu et les pièces que l’on souhaite garder démontées, il est bien plus facile de tout nettoyer, graisser, huiler.

Point pratique : j’ai fait le choix de commencer par l’avant du vélo et d’aller vers l’arrière une fois le démontage avant terminé. C’est pour que je puisse ranger les pièces dans un ordre précis afin de faciliter le remontage. Aussi, je vous encourage à faire de nombreuses photos avant de commencer à démonter. Cela vous sera bénéfique pour la suite. Enfin, je dispose d’un pied d’atelier et je vous encourage là aussi à vous en procurer un (il y en a beaucoup sur leboncoin par exemple) car cela facilite beaucoup le travail.

Voici quelques photos avant nettoyage pour vous montrer les dégâts classiques causés par le temps sur les vélos anciens : traces de rouille sur l’acier, traces d’oxydation sur l’aluminium, saleté sur le cadre, cambouis au niveau des moyeux et transmission. Tout cela est rattrapable dans une certaine mesure et avec des outils simples.



  • La fourche

Cette partie va déjà nous donner pas mal de travail. En effet, elle comprend de bas en haut la roue avant, le système de freinage avant, la fourche, le jeu de direction, la potence, le cintre et les manettes de freins.

Enlever la roue dans un premier temps. Ici, pas de difficulté car il s’agit d’une roue avec attache rapide : pas besoin d’outils pour l’enlever. Il est possible cependant d’avoir des roues attachées par un écrou. Dans ce cas, vous pourrez l’enlever avec 2 pinces (une de chaque côté).

Le système de freinage ensuite. S’agissant d’un système ancien, un écrou de serrage est à l’extérieur de la fourche au contraire des systèmes modernes disposant d’une vis “cheminée” qui se fixe dans la fourche. C’est donc ici une étape où je vous suggère de prendre une photo avant de démonter le système pour bien remettre dans le bon ordre écrous et rondelles. Le démontage est assez simple : dévisser l’écrou extérieur (côté opposé à l’étrier). Vous pourrez ensuite retirer le système de la fourche. Pour être sûr de garder tous les éléments ensemble, je revisse l’écrou sur le système de freinage. Vous pouvez aussi le stocker dans une boite mais soyez sûr de ne pas mélanger les pièces !



Toujours sur le système de freinage, prenez le temps de déconnecter les câbles avant et arrière afin de faciliter le démontage de la potence en prochaine étape. Ici il y a 2 choix pour vous. Soit les gaines et câbles sont en bon état car récemment changés et vous ne voulez pas les remplacer. Dans ce cas vous pouvez retirer l’embout de câble avec une pince avant de le déconnecter de l’étrier de frein. Si au contraire vous ne souhaitez pas les garder, vous pouvez aussi couper le câble avec une pince coupante.

Le câble de frein à déconnecter

Avant d’enlever la fourche, il faut démonter la potence et le jeu de direction. Ici peuvent apparaître quelques difficultés, notamment s’il s’agit d’un vélo qui n’a pas été démonté et entretenu souvent.

Commençons par la potence. Ici, en théorie une clé Allen suffit pour dévisser la vis de serrage du plongeur. Sans surprise, cela n’a pas suffit dans mon cas. Mais suite à une visite dans un atelier partagé (la liste ici), j’ai appris une technique d’ancien très efficace : la méthode du levier.

La méthode du levier

Comment faire ? Sur cette photo, j’ai utilisé une ancienne tige en métal provenant d’un parasol pour allonger la longueur de la clé Allen.

Pourquoi ça marche ? L’effet de levier démultiplie la force appliquée. Pour cela il faut forcer au niveau le plus éloigné de la vis afin d’avoir le plus de force possible. Pour en savoir plus sur l’effet de levier, c’est par ici. Pour finir sur cet effet, je citerai Archimède : “Donnez moi un levier assez grand et je soulèverai le monde !”.

Une fois la vis desserrée, il reste à enlever la potence. Pour cela il faut donner un coup de marteau assez fort au niveau de la vis de telle sorte que la potence s’enfonce dans la fourche. Cela va la débloquer et vous pourrez ensuite la sortir. Afin d’éviter d’abimer les pièces, j’entoure le marteau d’un chiffon pour atténuer le choc.

Une fois la potence retirée, nous aurons accès au jeu de direction

Nous allons maintenant démonter le jeu de direction pour libérer la fourche. Il ne devrait pas y avoir trop de difficulté pour desserrer le contre écrou car, et nous le verrons au remontage, il ne doit pas être trop serré afin de ne pas écraser les billes que nous verrons apparaître.

Une fois l’écrou libéré, vous avez accès aux autres parties. Elles doivent pouvoir s’enlever à la main. En effet, sur la photo ci-dessous, vous voyez que le tube de fourche n’est pas totalement circulaire. Il y a une partie plate, de même que sur les deux prochaines rondelles du jeu de direction. Il ne faut donc surtout pas tenter de les dévisser.

On voit bien ici la partie plate et sans filetage

Les rondelles sont enlevées ? Nous pouvons maintenant dévisser le cône qui protège les billes. Il devrait être possible de le dévisser à la main mais sur cet exemple, j’ai dû utiliser une pince pour le débloquer dans un premier temps.

Faites attention, plus vous dévissez le cône et plus la fourche va sortir du cadre. Cela peut être délicat si ce sont des billes dans le jeu de direction et non des roulements à billes. La différence est que les billes ne sont pas attachées entre elles et peuvent donc tomber au fur et à mesure du démontage (cela m’est arrivé). Veillez alors à travailler au-dessus d’une surface où il sera facile de les retrouver si elles tombent. Aussi, disposer d’un aimant peut vous aider à les récupérer !



  • La transmission

Maintenant que la fourche est démontée, nous allons passer à la transmission : chaîne, pédalier, boitier de pédalier, manettes et câbles de dérailleurs, dérailleurs, roue arrière, roue libre.

Pour démonter une chaîne des années 80, il vous faut un dérive chaîne. En effet, les maillons “attache rapide” ne sont devenu courant que récemment. Pour autant, l’opération n’est vraiment pas difficile, voici les étapes en images :



La chaîne est enlevée ? Passons au pédalier. Ici j’ai la chance (provoquée) d’avoir un pédalier à axe carré. Le pédalier est donc vissé sur l’axe. Il existe une autre variante un peu plus délicate à démonter sur les vélos vintages : le pédalier à clavettes. J’aurai bientôt l’occasion d’écrire un article dédié à son démontage, nous pourrons alors en reparler. Mais voyons donc le cas simple, d’abord en image :



Les manettes et câbles de dérailleurs sont très facile d’accès et à enlever. Première étape, couper la fin du câble au niveau du dérailleur afin de pouvoir le libérer facilement par la suite. Dévisser ensuite le serrage au niveau du dérailleur, dévisser enfin les manettes de dérailleurs. En images :



Nous pouvons maintenant démonter les dérailleurs. C’est en général assez facile : une clé Allen suffit pour les dé-serrer. Une subtilité tout de même sur le dérailleur arrière de mon cas : il faut retirer un capuchon de protection pour accéder à la vis de serrage :



Passons maintenant au démontage de la roue arrière afin de permettre d’enlever la roue libre. Démonter la roue arrière ne pose aucune difficulté : ici j’ai des attaches rapides, mais même s’il s’agit de boulons de serrage cela ne devrait pas poser de problème.



Maintenant le clou du spectacle : démonter la roue libre !

D’abord la théorie : démonter une roue libre est en théorie plus simple que de démonter un cassette puisque cela ne nécessite pas de fouet à chaîne. Il suffit de disposer de la clé adapté à sa roue libre et de dévisser et le tour est joué.

Mais, rien qu’ici j’ai connu ma première difficulté : trouver la bonne clé pour ma roue libre. On a ici un exemple de roue libre crantée nécessitant une clé de grand diamètre. Je n’avais qu’une clé au standard Shimano, autant dire qu’il m’a fallut trouver la bonne clé. Ce sont des outils très rare sur leboncoin, j’ai dû l’acheter neuf. Mais faites bien attention au nombre de crans ou de canelures et aux dimensions nécessaires. Ce serait dommage d’acheter une clé de mauvaise dimension.

La clé trouvée, je peux passer au démontage. Et là sur des vieux vélos vous pouvez connaître de réelles difficultés. En effet, les roues libre se serre de plus en plus avec l’utilisation du vélo. Conclusion : plus un vélo a été utilisé et plus la roue libre est serrée fort. Vous avez vu l’état de la roue sur la photo au-dessus ? Pleine de cambouis. C’est la marque d’une forte utilisation. J’ai donc dû utiliser deux techniques pour parvenir au démontage.

D’abord la technique classique recommandée par tous les connaisseurs : utiliser l’axe de serrage de la roue pour bloquer la clé démonte roue libre. Les clés ne sont en général pas très profonde et sans ce blocage on risque de faire sortir la clé à la première tentative de démontage.

Ensuite la technique du levier. Comme présenter pour démonter la potence, j’ai là aussi eu besoin de beaucoup de force pour démonter la roue libre. N’étant pas un champion de musculation, j’ai utilisé cette technique pour allonger le manche de ma clé et décupler ma force. Résultat ? J’ai réussi !



Une énorme sensation de contentement m’a envahit à ce moment là car après plusieurs tentatives infructueuses je suis enfin parvenu à dévisser cette roue libre !

  • Le cadre

Le cadre n’est pas encore tout à fait à nu. Il nous reste à retirer quelques pièces spécifiques à ce vélo (vous ne les retrouvez pas toujours sur tous les vélos vintage) : attaches sur le tube horizontal pour le passage du câble de fein, passage de câbles de dérailleurs en bas du tube diagonal.

Le cadre est maintenant à nu : passons au nettoyage et entretien du vélo !