Un vélo rapide, léger, avec une transmission et pour un budget de 250€ s’il te plait !

Voilà mon cahier des charges, donné par un ami entrepreneur et citadin. Je me suis donc tout naturellement orienté vers un vélo vintage de type route. En effet, ces vélos sont légers, fiables et facilement transformable !

Je vais donner ici le plus de détails possible, à la fois sur la recherche du vélo à transformer mais aussi sur les parties techniques et les questions de budget. J’espère que cela vous plaira et que ce contenu est intéressant. N’hésitez pas à réagir en commentaire pour ajouter ou demander des précisions, cela sera utile aux autres lecteurs !

Étape 1 : clarifier le besoin

C’est la partie la plus importante et que l’on peut avoir tendance à négliger. Si l’on fait un vélo pour soi c’est un peu moins important mais si c’est pour quelqu’un d’autre, il faut absolument s’assurer des objectifs du “client” pour être sûr que le produit fini lui plaise.

A votre avis, puis me satisfaire des informations données dans le mini cahier des charges des premières lignes ?

Fin du suspens, il manque quelques détails. Et vous allez voir qu’ils ont leur importance pour définir le budget à consacrer au vélo que l’on transformera. Voici donc la liste des questions complémentaires que j’ai posées :

Quel type de transmission ?

Est-ce que l’on part sur un type “fixie” (1 plateau et un pignon) ? Les avantages de cette solution sont la rapidité, légèreté et coût du vélo mais son inconvénient est une moindre polyvalence en côtes par exemple. Ou une transmission 3×7 ? C’est une transmission facile à mettre en place sur des vélos vintage, il suffit généralement de changer la roue libre. L’avantage est la polyvalence mais à un coût supérieur.

Quel type de poste de pilotage ?

Cintre droit ? C’est facile à prendre en main si l’on a jamais utilisé de vélo de route et les manettes de freins et de vitesses sont moins chères. Cintre course ? Permet des positions différentes et un style vintage plus affirmé. C’est en revanche plus chère de l’équiper.

Des gardes boue ?

Pour un usage citadin et dans le cadre de déplacements professionnels, je recommande cet équipement. Cela représente un coût supplémentaire mais aussi de trouver le vélo adapté : il doit y avoir des œillets sur le cadre. A défaut, il faudra acheter des adaptateurs (encore un surcoût).

Un porte bagage ?

Cela peut être utile si l’on souhaite pouvoir faire des courses ou ajouter un siège bébé par exemple. Mais là encore cela représente un coût supplémentaire et un poids non négligeable en plus de la recherche du cadre adapté.

La configuration choisie par mon ami :

Cintre course avec transmission 3×7 + gardes boue et sans porte bagage. J’ai maintenant ce qu’il faut pour partir à la recherche du vélo idéal pour la transformation.

PS étape 1 : bien vérifier la taille de la personne pour choisir le bon vélo. Pour cela, un site plutôt bien fait : www.docvelo.com/dim_cadre2.htm

Étape 2 : la recherche du vélo et des pièces

Pour cela, je fais appel à deux alliés incontournables : leboncoin et troc-velo. Après une rapide recherche dans la catégorie vélo avec un filtre de prix maximum à 200€ du bon coin et dans une zone proche de chez moi, je trouve quelques vélos intéressants. Une prise de contact pour vérifier la taille et l’état général me permet d’en sélectionner un. Je fais valider ce choix par mon ami, notamment au niveau de la couleur car pour des raisons écologiques, je ne souhaite pas faire repeindre le cadre.

Sélection acceptée, je pars sur place vérifier et acheter le vélo si cela me convient. Voici donc ma trouvaille :

C’est donc un vélo en plutôt bon état et avec un style sympa. Il a des caractéristiques intéressantes mais aussi quelques points de vigilance :

Le positif :

Il est à la bonne taille ! Le cadre est plutôt sain malgré quelques traces d’usures normales pour son âge et il est en acier Reynolds, un gage de qualité. Les freins sont fonctionnels. Les roues en bon état également. Œillets disponibles sur la fourche pour un garde boue. Pédalier à axe carré : plus facile à moderniser qu’un pédalier à clavettes par exemple.

Les points de vigilance :

Beaucoup, vraiment beaucoup de nettoyage à faire : le cadre, les roues, les chromes. La chaine a visiblement été graissée plutôt que huilée, il y a donc beaucoup d’accumulation de cambouis. Pas d’œillets à l’arrière pour le garde boue, il faudra trouver un adaptateur. Le diamètre du démonte roue libre nécessaire pour changer la transmission est plus large que d’habitude, je n’ai pas la clé nécessaire. Il faudra donc la rechercher.

Avec ces points en tête, j’ai pu négocier un rabais sur le prix de vente, je l’ai eu pour 80€ au lieu de 90€. Ce n’est pas une grosse négociation mais de la sorte le vendeur comme l’acheteur peuvent être content de la transaction.

Les pièces que j’ai trouvé pour l’adaptation :

  • Cintre avec insert pour passage de gaine sous la guidoline : 10€ (occasion).
  • Roue libre 7 vitesses (14-28) : 10€ (neuf leboncoin).
  • Manettes Shimano Tourney 3×7 route et dérailleurs arrière 7 vitesses Tourney également : 55€ (neuf troc-velo).
  • Pédalier 3 plateaux Acera (22, 32, 42) : 25€ (neuf troc-velo).
  • Arrêt de gaine : 12€ (neuf troc-velo).
  • Guidoline : 5€ (neuf troc-velo).
  • Chaîne 7 vitesses : 10€ (neuf leboncoin).
  • Dérailleur avant : 10€ (occasion Raccoon Workshop).
  • Adaptateur oeillets arrières : 5€ (neuf lecyclo.com).
  • Gardes boue : 0€ (occasion récupérés sur un ancien cadre).
  • Câbles freins et dérailleurs : 4€ (neuf leboncoin et Briko-Bike).
  • Gaînes : 2€ (estimation, neuf leboncoin).
  • Pédales : 4€ (occasion leboncoin).

Retrouvez mes sites favoris et astuces pour trouver des pièces d’occasion ici.

Photos des pièces :

On arrive donc en tout et en comptant les frais de port à un budget de pile 250€. J’ai presque réussi à trouver toutes les pièces sur le réseau de l’occasion. Seul les adaptateurs pour œillets ont été acheté neuf en magasin car il s’agit d’une pièce particulière. Je me suis également équipé en outils supplémentaire pour le nettoyage complet du vélo et je n’ai pas pu les trouver sur leboncoin. Nous avons quand même dans l’ensemble un vélo avec un très bon bilan écologique et économique.

Pour information, je ne compte pas la main d’œuvre nécessaire au nettoyage et montage car il s’agit de ma première commande officielle mais surtout, c’est pour un ami et quand on aime, on ne compte pas ! Je ferai un bilan des heures passées en fin d’article.

Étape 3 : démontage et nettoyage (sans WD40 mais avec huile de coude et astuces d’anciens)

Il s’agit de l’étape à réaliser avant d’installer les nouvelles pièces. En effet, une fois le cadre mis à nu et les pièces que l’on souhaite garder démontées, il est bien plus facile de tout nettoyer, graisser, huiler.

Nous allons donc voir ici comment j’ai procédé pour le nettoyage. Je vais insister sur quelques points de difficultés rencontrés et nous pourrons ensuite passer au montage de la configuration choisie.

Point pratique : j’ai fait le choix de commencer par l’avant du vélo et d’aller vers l’arrière une fois le démontage avant terminé. C’est pour que je puisse ranger les pièces dans un ordre précis afin de faciliter le remontage. Aussi, je vous encourage à faire de nombreuses photos avant de commencer à démonter. Cela vous sera bénéfique pour la suite. Enfin, je dispose d’un pied d’atelier et je vous encourage là aussi à vous en procurer un (il y en a beaucoup sur leboncoin par exemple) car cela facilite beaucoup le travail.

Voici quelques photos avant nettoyage pour vous montrer les dégâts classiques causés par le temps sur les vélos anciens : traces de rouille sur l’acier, traces d’oxydation sur l’aluminium, saleté sur le cadre, cambouis au niveau des moyeux et transmission. Tout cela est rattrapable dans une certaine mesure et avec des outils simples.

  • La fourche

Cette partie va déjà nous donner pas mal de travail. En effet, elle comprend de bas en haut la roue avant, le système de freinage avant, la fourche, le jeu de direction, la potence, le cintre et les manettes de freins.

Enlever la roue dans un premier temps. Ici, pas de difficulté car il s’agit d’une roue avec attache rapide : pas besoin d’outils pour l’enlever. Il est possible cependant d’avoir des roues attachées par un écrou. Dans ce cas, vous pourrez l’enlever avec 2 pinces (une de chaque côté).

Le système de freinage ensuite. S’agissant d’un système ancien, un écrou de serrage est à l’extérieur de la fourche au contraire des systèmes modernes disposant d’une vis “cheminée” qui se fixe dans la fourche. C’est donc ici une étape où je vous suggère de prendre une photo avant de démonter le système pour bien remettre dans le bon ordre écrous et rondelles. Le démontage est assez simple : dévisser l’écrou extérieur (côté opposé à l’étrier). Vous pourrez ensuite retirer le système de la fourche. Pour être sûr de garder tous les éléments ensemble, je revisse l’écrou sur le système de freinage. Vous pouvez aussi le stocker dans une boite mais soyez sûr de ne pas mélanger les pièces !

Avant d’enlever la fourche, il faut démonter la potence et le jeu de direction. Ici peuvent apparaître quelques difficultés, notamment s’il s’agit d’un vélo qui n’a pas été démonté et entretenu souvent.

Commençons par la potence. Ici, en théorie une clé Allen suffit pour dévisser la vis de serrage du plongeur. Sans surprise, cela n’a pas suffit dans mon cas. Mais suite à une visite dans un atelier partagé (la liste ici), j’ai appris une technique d’ancien très efficace : la méthode du levier.

La méthode du levier

Comment faire ? Sur cette photo, j’ai utilisé une ancienne tige en métal provenant d’un parasol pour allonger la longueur de la clé Allen.

Pourquoi ça marche ? L’effet de levier démultiplie la force appliquée. Pour cela il faut forcer au niveau le plus éloigné de la vis afin d’avoir le plus de force possible. Pour en savoir plus sur l’effet de levier, c’est par ici. Pour finir sur cet effet, je citerai Archimède : “Donnez moi un levier assez grand et je soulèverai le monde !”.