Dans mon article sur le poids des convictions je vous présente les solutions que j’ai mises en place pour ne pas générer de déchets dû à l’alimentation en voyage. Je vais m’y arrêter ici plus en détails pour vous les présenter en espérant que cela simplifie votre démarche.

  1. Cuisiner plutôt que d’acheter des produits transformés

Quelques ustensiles minimum pour des recettes comme à la maison : planche à découper, couteau, cuillère en bois, popote, gobelet (peut servir de doseur).

Cela implique un certain poids puisque j’ai fait le choix de privilégier l’acier inoxydable à toutes autres matières. En effet, l’aluminium notamment est controversé au niveau sanitaire et sa production engendre des pollutions désastreuses pour les écosystèmes (boues rouges notamment).

Le choix du réchaud est essentiel afin de réduire la quantité de déchet générée en voyage. Je me suis très tôt intéressé aux réchauds à bois pour cette raison. Plus économique car il suffit souvent de se baisser pour trouver du combustible, plus écologique car n’utilisant pas d’énergie non renouvelable comme le gaz ou le pétrole, il est également plus léger que la plupart des autres types de réchauds (en prenant en compte le poids du combustible).

2. Cuisiner cru ou au feu de bois

De plus, j’ai trouvé un fabricant indépendant de réchaud à bois proche de ma ville de résidence. Aucun coût de transport, un fabricant local et un prix juste : que demander de mieux ?

Je dois quand même indiquer 2 inconvénients :

  • La cuisine au feu de bois noircie la popotte
  • Il peut être difficile de cuisiner par grand vent ou par temps de pluie

C’est pourquoi il peut être intéressant de varier les plaisirs en cuisinant cru. La dépense énergétique nécessaire à la cuisine est cette fois réduite au minimum : plus besoin de chercher du combustible, il suffit d’un couteau, d’une planche à découper et de quelques aliments bruts, frais et de saison !

Cuisiner cru peut également permettre d’assimiler plus de vitamines et nutriments. Les recettes possibles vont bien au-delà de la salade d’été ! En partant des graines germées jusqu’aux desserts savoureux, l’horizon des possibles s’en trouve très élargi.

Nous travaillons justement en ce moment même avec ma partenaire Les Crawquantes à la création d’un livre de recettes de cuisine crue afin de vous le proposer pour l’été prochain !

3. Acheter en vrac le nécessaire pour cuisiner

Acheter en vrac ses aliments est une étape primordiale pour atteindre le zéro déchet en voyage. Pour cela, il faut connaître quelques bonnes adresses et partir muni de plusieurs sacs à vrac. Je vais d’abord parler des aliments hors fruits et légumes.

Afin de savoir si un point de vente en vrac est disponible proche de sa localisation, visitez le site cartovrac qui répertorie la plupart de ces magasins. Il ne reste plus qu’à planifier un itinéraire pour se ravitailler !

Vous avez trouvé tout ce qu’il vous faut en vrac sec ? Il faut maintenant partir à la recherche de fruits et légumes locaux et de saison.

Quoi de mieux que les marchés pour cela ? Le plus fréquemment en fin de semaine, les sacoches risquent d’être plus lourdes les weekends ! Pour choisir les produits les plus sains il y a plusieurs solutions. Le label bio, bien que pas indispensable (« Demeter » et « Nature et progrès » sont des labels plus ambitieux), peut être un bon indicateur. Vérifiez aussi l’esthétique des fruits et légumes : moins ils se ressemblent plus c’est bon signe ! Enfin, rien ne vaut une rapide discussion avec le vendeur pour vérifier s’il est lui-même producteur par exemple.

Il faut tout de même noter qu’il sera plus facile de se ravitailler en vrac ou au marché si l’on roule hors des eurovélos. En effet, traverser des villages le matin augmente les chances de tomber sur un marché et les épiceries vrac sont souvent au cœur des villes.

4. Disposer de quelques sacs à vrac pour les courses

Le sac à vrac est l’allié indispensable du voyageur à vélo qui vise le zéro déchet. D’autres solutions existent telles que bocaux ou boites mais elles n’ont évidemment pas les mêmes avantages de légèreté et d’encombrement.

Léger et robuste, prenez-en toujours un ou deux de plus que le nécessaire pour cuisiner. Ils vous aideront notamment en boulangeries si, comme moi, vous aimez vous y arrêter lors des journées vélo. La plupart des petits commerçants a maintenant l’habitude de voir des clients ne souhaitant pas d’emballage ou aillant leur propre sac à pain par exemple. Soyez donc sans crainte d’être vu comme un extraterrestre lorsque vous tendez votre contenant !

Pour des sacs à vrac efficaces (qui ne s’ouvrent pas dans les sacoches), bien fait et écologiques, demandez les sacs en chutes de tissus de La fabrique de Max.

5. Composter les résidus de cuisine

Dernière étape du zéro déchet côté alimentation, le compostage n’est pourtant pas le moins important.

Une étude rapide des solutions de gestion des déchets en France montre que 2 solutions sont utilisées (hors tri) : l’incinération ou l’enfouissement. La première solution consiste à brûler les déchets quand la seconde vise à mettre les déchets dans un trou puis le recouvrir. Ces solutions ne vous semblent pas satisfaisantes ? Bienvenue dans le monde du zéro déchet !

Voyons maintenant la constitution des résidus de cuisine en voyage : principalement des épluchures. Ces résidus comprenant à minima 70% d’eau, vous parait-il judicieux de les brûler ou de les enfouir ? Je n’en suis pas convaincu. C’est pourquoi je vous incite à ne jamais jeter vos résidus de cuisine dans la poubelle à côté de la table de piquenique. Préférez les disposer sur un sol de terre comprenant beaucoup de végétaux et espacez les. Cela facilitera leur dégradation et enrichira les sols. Il n’y a pas d’endroits propices à proximité de la pause déjeuné ?  Emportez les résidus avec vous pour les déposer plus tard sur votre route.

C’est peut-être la première fois que vous entendez ce conseil de disposer au sol vos résidus de cuisine plutôt que de les jeter à la poubelle. C’est pourtant la meilleure solution tant qu’il n’existera pas de système de collecte généralisé des déchets organiques. Enfin, considérez ces résidus comme une ressource et non comme un déchet. Changer de regard sur les résultats de nos actions est la première étape vers une plus grande maîtrise de notre impact environnemental.