Étape réalisée le 17 juin 2019.

Pourquoi s’arrêter à La Réole après “seulement” 80km ? Pour 2 raisons. J’ai d’abord entendu le plus grand bien de son camping municipal et la ville se situe au début du canal des deux mers (si l’on passe par Bordeaux). Le dénouement de la journée m’a conforté dans mon choix, vous allez voir pourquoi.

Mais d’abord, sortir de Bordeaux à 7h30 un lundi en devant passer par le centre. Challenge réussi mais ce n’est pas très reposant. Bon du coup ça réveille bien ! Si vous ne pensez pas vous arrêter à Bordeaux, je vous conseille une traversée plutôt en journée pour éviter le gros du trafic (oui même sur les pistes à vélo il y a du monde le matin : c’est positif mais j’ai parfois eu l’impression de me retrouver dans un couloir de métro).

L’itinéraire indique une voie partagée après la traversée du pont Saint Jean mais il existe bien une piste cyclable. J’ai trouvé la traversée de Bordeaux plutôt sécurisante une fois arrivé sur la voie du canal des deux mers. Passé une petite zone industrielle, on se retrouve rapidement au calme avec de plus en plus de verdure.

La sortie de Bordeaux.

Une seule difficulté à signaler avant d’arriver sur la piste Lapébie :

Bien vérifier le trafic avant de vous engager.

Sur cette image, on voit qu’il n’y a qu’un seul sens possible. Il s’agit d’une voie “partagée” à sens unique et contraire au mien ce matin. Le problème est qu’il n’y a pas de piste cyclable au sol et que l’itinéraire indique bien d’aller tout droit. J’ai préféré attendre qu’il n’y ait plus personne en face pour m’engager car selon les voitures l’espace peut être vraiment réduit. Je vous encourage à faire de même. Il y en a peut-être pour 200m.

Juste avant d’arriver sur la piste Lapébie, je passe devant une boulangerie afin de trouver ma traditionnelle baguette : 0€95.

Voici donc la fameuse piste cyclable. Ancienne voie ferrée jusqu’à Sauveterre, on se retrouve maintenant sur un parcours entouré de végétation et très calme. Il ne s’agit pas d’une route plate mais plutôt d’une succession de montées et descentes assez douces mais longues. L’avantage est que c’est facile à monter et une fois en haut, je me laisse aller et grâce à mon élan (et mon poids !) j’atteins facilement les 18km/h sans les dépasser. Voilà une excellente occasion de profiter du moment : écoutons le bruit du vent dans les feuilles des arbres, le chant des oiseaux, sentons l’odeur de sous-bois à la fois humide et chaud, admirons le paysage qui nous entoure.

“Vélo ! … véloooooo ! … vélooooo !” Je viens de croiser une classe de primaire en sortie vélo sur la piste. Je vois parfois des élèves qui regardent tout mon chargement avec étonnement. C’est vrai qu’à côté d’eux, j’ai l’air d’un poids lourd ! Une classe ? Non en fait j’ai dû en croiser pas moins d’une dizaine sur tout le parcours. Cela apporte une petite ambiance chaleureuse d’entendre ces “Vélo !” de la part des enfants pour prévenir de l’arrivée d’un cycliste en face.

Entre temps, j’arrive devant l’entrée d’un tunnel. Je vois de loin qu’il y fait tout noir et je ne vois pas la fin : c’est dangereux me dis-je en allumant mon phare. Le temps nécessaire à cette pensée et à l’allumage et je suis dans le tunnel quand soudain (photo ci-dessous) …

Allumage automatique des feux !

Je suis encore sur la piste Lapébie à l’approche de midi mais j’ai passé tous les villages traversés par l’ancienne voie ferrée et il n’y a pas d’endroit pour s’arrêter le long de ce tracé. Pour l’instant ça va car l’endroit est très bien ombragé. Mais arrivé à une dizaine de kilomètres de Sauveterre : plus d’ombre. Je me trouve alors un petit coin d’herbe sous un arbre pour ma pause de midi.

Je ne sais pas encore trop quoi me faire à manger quand d’un coup j’ai une révélation : et si j’utilisais la technique de “l’overnight porridge” aussi certains midi ? Ce fut une réussite, je commence à diversifier mes solutions pour l’alimentation, c’est une belle avancée !

Arrivé à Sauveterre, qui est le terminus de l’ancienne voie ferrée, je suis accueilli par le bâtiment de la gare, transformé maintenant en point accueil. Il y a de quoi s’asseoir à l’ombre et recharger les gourdes en eau, c’est parfait ! En effet, je vais en avoir bien besoin pour la fin de mon parcours entre Sauveterre et La Réole.

Ici le plat, c’est fini ! Les montées et descentes s’enchaînent avec des pentes qui me rappellent la traversée des coteaux bordelais. J’atteins très facilement les 40km/h en descente (je freine à partir de cette vitesse), imaginez les montées ! Bon on reste sur un temps court à chaque fois, ce n’est pas de la montagne mais quand même c’est un bel effort. En plus tout le trajet se fait au soleil, peu de chance d’avoir de l’ombre car on traverse des champs. Je dois avouer qu’avec mon chargement j’ai dû descendre 2 fois de vélo pour pouvoir finir la montée.

Enfin, j’arrive à La Réole où le tracé me fait passer par une boulangerie. Je m’arrête alors pour prendre ma deuxième baguette de la journée : 1€15. J’y demande la direction du camping et la bonne nouvelle est qu’il se situe après les dernières côtes de la ville. Cela signifie aussi qu’il va falloir encore monter une ou deux fois mais ça va.

Le camping est sympa, il y a une bonne ambiance et de nombreux cyclovoyageurs avec qui discuter. En plus il y a une vue sur la rivière ! J’y apprends par deux anglais l’existence d’un camping gratuit légendaire sur la route du canal des deux mers. Cela modifiera mon étape de demain en enlevant 20km mais ça vaudra le coup !

Vue du camping de La Réole.

Bilan d’étape :

0€95 + 1€15 (boulangeries) + 7€10 (camping) = 9€20,

83km parcourus,

0 déchet généré.